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Abaxia et Mobile Tag : prêt pour l’embarquement ?


Le marché des logiciels embarqués sur Smartphone est en forte croissance. Les opérateurs subventionnant les téléphones qui se ressemblent de plus en plus - un grand écran et deux boutons - pour qu’on les achète en « pack » à moindre coût, ils cherchent à obtenir un retour sur investissement maximal. Pour cela, l’importance de l’écran d’accueil est stratégique : il permet de mettre en avant des services supplémentaires, qui seront bien évidemment facturés. Ainsi, lorsqu’un opérateur vous vante les mérites de l’iPhone, ce n’est pas l’appareil en tant que tel qui vous est vendu, mais tout ce que vous allez pouvoir faire avec.


par IGD


Cédric MANGAUD, Président et fondateur de ABAXIA
Cédric MANGAUD, Président et fondateur de ABAXIA
C’est ainsi que si vous disposez d’un Smartphone, il y a de grandes chances que les applications intégrées à votre appareil aient été développées par Abaxia, société créée en 2001.

Cédric Mangaud, qui en est le président et fondateur, emploie soixante-dix personnes entre la France et la Biélorussie, avec des commerciaux en Chine, à Singapour, Séoul, ou encore Düsseldorf. Il met en avant des applications évolutives sur tous les terminaux. Passée la découverte de l’interface opérateur par le consommateur, Abaxia lui propose des services qui varient en fonction de son utilisation, dont les tendances sont étudiées statistiquement, d’après son positionnement géographique par exemple. Ainsi, si l’on sait que les Parisiens sont de plus gros consommateurs de multimédia, des éléments seront directement ajoutés dans les menus et sous-menus de leur téléphone.
De même, un outil de recherche a été créé pour mettre en avant les services : il s’agit de Mobile Finder, qui permet de trouver une nouvelle application en tapant quelques mots clés.

Aujourd’hui sont vendus, par jour, environ vingt cinq mille téléphones avec applications embarquées Abaxia. Une machine de guerre qui fonctionne à merveille, sur fond de mondialisation. En effet, depuis deux ans, Abaxia fait travailler des développeurs biélorusses sur ses projets, pour une simple « histoire de coût, les développeurs étant moins chers là-bas », explique Cédric Mangaud, sans langue de bois, mais aussi « pour leur niveau en informatique et mathématiques, et la présence internationale que cela nous assure ». Ainsi, Abaxia recrute directement dans deux universités biélorusses où les étudiants se forment au préalable directement sur leurs produits. Mais la présence à l’international des équipes de Cédric Mangaud ne s’arrête pas là : ses commerciaux rayonnent en Finlande, en Corée, en Asie, là où sont les constructeurs.

Cette présence a aussi permis au jeune chef d’entreprise de surfer sur la vague du code barre 2D lu par les mobiles, qui permet un accès ultra rapide à une source d’information, et qui connaît un franc succès au Japon. C’est ainsi que Mobile Tag a vu le jour et a passé un accord avec l’AFMM (l’Association Française du Multimédia Mobile) et les trois opérateurs principaux pour créer « flashcode », un nouveau standard de QR code. Il s’agit de rendre les tags interactifs avec la caméra du téléphone et de rediriger le consommateur vers un service, lancer des appels, des SMS, aller vers des sites spécialisés… Fonctionnent déjà avec ces codes barres le catalogue de la FNAC, les Pages Jaunes, les affichages d’abribus de la RATP, ou encore certains livres, à l’instar de « Le sens des choses » de Jacques Attali, qui s’autoproclame premier « Hyperlivre » et promet musique et vidéo en sus du texte… en oubliant les utilisateurs d’iPhone et de Blackberry, qui n’y auront pas accès ! Un bug édifiant.

Ce qui peut nous interroger sur la pertinence de ce système au développement très lent, alors que les puces sans contact RFID (comme dans le pass Navigo) sont en train de se développer et d'arriver sur nos téléphones : le prochain iPhone pourrait d’ailleurs être équipé d'un émetteur RFID. La technologie MobileTag n'est-elle pas alors déjà dépassée par l'usage prochain de la RFID ? Selon Cédric Mangaud : « Au japon RFID et code barre sont complémentaires. Pour les transmissions RFID, il faut une puce d’un côté et un reader de l’autre. Et on ne va pas mettre dix tags dans un magazine, alors que le code barre est gratuit ! Ainsi concernant le support de presse papier, les flyers… la concurrence est nulle parce que ça reviendrait trop cher ».

En revanche, on peut envisager une publicité sur panneau combinant un code barre et une puce RFID. Pour l’instant, la seule tentative d’utilisation de puce RFID a eu lieu à Nice, sur les transports, mais selon Cédric Mangaud : « Il n’y aura pas de réelle implantation avant deux ou trois ans, car il y a un coût pour le constructeur aussi. Pour que ça devienne un service de masse, tous les constructeurs devront l’intégrer. On travaille dessus ».

Et d’ici là ?
En attendant, Mobile Tag prépare le lancement de son lecteur 1D, fin janvier. Il permettra de lire les codes barres existants pour obtenir une information supplémentaire sur le produit, comparer les prix sur le web ou bien en local. Il sera accessible en téléchargement sur les « applications stores » et accessible aux particuliers. Ce sera un produit orienté utilisateur, qui, à la différence de ‘Red Laser’, proposera une solution qui marche sur toutes les plateformes et qui vous renseigne sur des produits français et locaux, et non pas sur le même produit, trois fois moins cher, mais dans l’Ohio.
4 Février 2010
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